Aujourd’hui, le design system est devenu un outil incontournable dans la conception de produits numériques. Bien plus qu’une simple bibliothèque de composants UI, il s’agit d’un outil stratégique, au croisement du design UI, de l’UX, de l’accessibilité et de la gouvernance produit.
Mal conçu, il devient un frein. Bien pensé, il accélère la conception, améliore la cohérence et aligne toutes les parties prenantes. Comment dès le départ assurer le succès de son Design System ?
Voici 10 conseils clés pour concevoir un design system durable et réellement utilisé par différentes parties prenantes, que vous soyez une startup, une PME ou une grande entreprise.
1. Clarifier les objectifs avant de concevoir quoi que ce soit
La première étape est de définir pourquoi vous créez un design system. Les objectifs peuvent varier fortement. On peut citer par exemple :
- Gagner en cohérence visuelle
- Accélérer la conception (delivery)
- Améliorer l’accessibilité
- Corriger des problématiques simples d’ergonomie
- Faciliter l’onboarding des équipes
- Industrialiser plusieurs produits
- Et bien plus !
Dans une grande organisation, le design system répond souvent à des enjeux de scalabilité (c’est-à-dire qu’il puisse suivre un changement d’échelle sans subir de problèmes de gouvernance). Dans une PME ou une startup, il est plutôt un levier de rapidité et de professionnalisation. Ces différences orientent les choix de structure, de documentation et de niveau de complexité.
Tout ceci va vous permettre de définir le niveau d’ambition réaliste. En effet, un design system n’a pas besoin d’être exhaustif dès le départ. Il doit avant tout être utile rapidement. Vous le ferez ensuite évoluer progressivement, en fonction de votre contexte et de vos moyens. Vos besoins vont aussi évoluer en fonction de l’adoption de votre design system. Par exemple, on ne le gouverne pas de la même manière quand il est utilisé par 3 designers, et quand il est utilisé par 30 designers.
Enfin, c’est une excellente occasion d’impliquer les différentes parties prenantes (design, produit, développement, marketing) et de les aligner autour d’une vision commune, ce qui va considérablement vous aider à l’adoption de votre design system.
2. Impliquer les bonnes parties prenantes dès le départ
Un design system n’est jamais le projet d’une seule équipe. Il concerne les designers bien sûr, et aussi les développeurs, les product owners, parfois le marketing, et même le support ou les équipes commerciales.
Dans les grandes entreprises, l’erreur fréquente est de créer un design system en silo, porté par une seule équipe centrale. Le résultat n’est alors pas celui escompté : faible adoption, incompréhensions, détournements, voire rejet. À l’inverse, dans les petites structures, on oublie parfois d’impliquer les développeurs assez tôt, ce qui peut créer un écart entre design et implémentation (une dette).
Impliquer les parties prenantes dès le début permet de :
- Recueillir les vrais besoins opérationnels et les inquiétudes éventuelles
- Anticiper les contraintes techniques
- Favoriser l’appropriation future du système (les personnes impliquées vont s’approprier le projet).
En effet, un bon design system est un outil collaboratif, qui évolue avec les besoins des différentes parties prenantes.
3. Construire sur l’existant plutôt que repartir de zéro
Les systèmes les plus efficaces à leur création sont souvent ceux qui s’appuient sur l’existant : interfaces déjà en production, mises en page éprouvées, composants fréquemment utilisés…
Un audit UI/UX est une étape clé pour identifier les incohérences, les doublons et aussi les bonnes pratiques déjà en place. Dans une PME, cet audit est souvent rapide mais très rentable. Dans une grande organisation, il permet de cartographier des produits parfois très hétérogènes et d’arbitrer sur ce qui sera conservé dans le design system.
Partir du réel permet de créer un design system ancré dans l’usage, et non un idéal théorique difficile à appliquer. Les équipes sont également rassurées : elles reconnaissent leur travail dans le système proposé.
Enfin, cela favorise une approche incrémentale. On formalise d’abord ce qui existe, puis on améliore progressivement.
4. Penser en principes avant de penser en composants
Les composants sont visibles et concrets très rapidement. Pourtant, un design system solide repose avant tout sur des principes de design clairs : hiérarchie, lisibilité, cohérence, simplicité, inclusivité, etc.
Ces principes servent de boussole décisionnelle. Ils aident les designers et les équipes produit à faire les bons choix, même en dehors des composants existants. C’est particulièrement important dans des contextes complexes ou innovants.
Pour une grande entreprise, ces principes permettent d’harmoniser des équipes réparties sur plusieurs produits ou pays. Pour une petite structure, ils évitent les décisions arbitraires et renforcent la qualité globale du produit.
Documenter ces principes, avec des exemples concrets, est un investissement à forte valeur ajoutée. Cela permet également de matérialiser des principes connus des designers aux yeux de toutes les parties prenantes.
5. Intégrer l’UX au cœur du design system
Un design system ne doit pas se limiter à l’UI. Il doit aussi intégrer des règles UX : comportements des composants, patterns d’interaction, bonnes pratiques de navigation, gestion des états (erreur, chargement, succès), etc…
Par exemple, un champ de formulaire n’est pas qu’un élément graphique : il implique des règles de validation, des messages d’erreur, des micro-interactions. Documenter ces aspects permet d’assurer une expérience utilisateur cohérente sur l’ensemble des produits.

Dans les organisations matures, le design system devient un véritable référentiel UX, facilitant la conception de parcours complexes. Dans les structures plus petites, il sert de garde-fou pour éviter les erreurs classiques.
Un design system orienté UX améliore directement la qualité perçue du produit.
6. Faire de l’accessibilité un standard, pas une option
L’accessibilité est trop souvent traitée comme une contrainte secondaire. Or, elle doit être intégrée nativement au design system : contrastes, tailles de texte, focus visibles, navigation clavier, ARIA, etc.
En intégrant ces règles dès la conception des composants, on évite des corrections coûteuses a posteriori. Cela facilite aussi le travail des développeurs, qui disposent de composants déjà conformes.

Pour les grandes entreprises, l’accessibilité est souvent un enjeu légal et réputationnel. Pour les PME, c’est un levier de qualité et d’inclusivité, souvent différenciant.
Un design system accessible est un design system plus robuste pour tous les utilisateurs, pas seulement pour ceux en situation de handicap.
7. Trouver le bon équilibre entre cohérence et flexibilité
Un design system trop rigide étouffe l’innovation. Trop flexible, il perd sa cohérence. L’enjeu est de trouver le juste milieu, en définissant clairement ce qui est non négociable et ce qui peut être adapté.
Cela passe par des règles claires : quels composants sont obligatoires ? Quels éléments peuvent être customisés ? Dans quels cas peut-on déroger au système ? Existe-t-il plusieurs chartes graphiques pouvant être appliquées aux mêmes composants ?
Dans les grandes organisations, cette flexibilité contrôlée est essentielle pour répondre à des besoins métiers variés. Dans les petites structures, elle permet de garder de l’agilité sans sacrifier la cohérence.
En bref, un bon design system encadre sans brider.
8. Documenter pour des humains, pas pour des experts
La documentation est souvent le parent pauvre des design systems. Pourtant, sans documentation claire, même le meilleur système ne sera pas utilisé.
La documentation doit être :
- Pédagogique,
- Orientée usage,
- Illustrée d’exemples concrets,
- Adaptée à différents profils (designer, développeur, product manager).
Dans une grande entreprise, cela facilite l’onboarding et réduit la dépendance aux experts. Dans une PME, cela permet de pérenniser les bonnes pratiques malgré les changements d’équipe.
Un design system bien documenté est un design system vivant.
9. Mettre en place une gouvernance claire
Qui décide des évolutions ? Comment sont intégrés les nouveaux composants ? Comment gère-t-on les exceptions ? Ces questions doivent avoir des réponses claires.
La gouvernance du design system est essentielle pour éviter l’anarchie ou, à l’inverse, la paralysie. Elle peut être légère (un référent design) ou plus structurée (comité, process de contribution), selon la taille de l’organisation.
Dans tous les cas, il est important de définir des :
- Règles d’évolution
- Responsabilités
- Canaux de feedback
Un design system sans gouvernance finit toujours par se fragmenter.
10. Concevoir un outil utile, désirable et adopté
Enfin, un design system doit être pratique et agréable à utiliser. S’il est perçu comme une contrainte, il sera contourné. S’il est vu comme un accélérateur, il sera adopté.
Cela implique de soigner l’ergonomie des outils (Figma, Storybook, documentation), la clarté des règles, et même l’esthétique du système lui-même. Un design system est aussi un produit, avec ses utilisateurs.
Dans une grande entreprise comme dans une PME, l’adoption est le véritable indicateur de succès. Un design system non utilisé n’a aucune valeur.
Le mot de la fin
Créer un design system efficace ne consiste pas à empiler des composants, mais à construire un écosystème cohérent, aligné sur les besoins des utilisateurs, des équipes et de l’organisation.
Pensé comme un outil stratégique, le design system devient un levier puissant de qualité, de cohérence et de performance produit, et ce quel que soit le niveau de maturité de l’entreprise. Il est aujourd’hui incontournable pour obtenir de la qualité et ce rapidement, tout en diminuant les coûts (dette technique, incohérence, pauvre expérience utilisateur…).
A Ludotic, nos experts sont formés à l’utilisation et à la création de Design System, que ce soit pour de petites organisations comme pour de grands groupes internationaux.
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