En 2025, plusieurs événements ont questionné la possible fin de l’âge d’or du design, voire du design centré utilisateurs. Dans un contexte de réductions budgétaires, d’incertitudes et où l’IA s’impose dans tous les domaines, on observe une baisse des investissements, un recul des offres d’emploi et des opportunités de carrière, notamment pour les profils juniors.
Alors, une question devient inévitable : en 2026, comment le design (et par extension le designer, l’agence de design, etc) peut se démarquer dans un monde de restrictions budgétaires et d’IA ? A-t-il toujours sa place ? Et comment (dé)montrer concrètement sa valeur ?
Ludotic s’est penché sur la question et vous propose 6 leviers pour rester stratégique face à l’IA et aux contraintes budgétaires et convaincre ainsi de l’importance du design dans une équipe de conception.
1. Se distinguer de la concurrence
Bien sûr, le marché regorge de produits et l’utilisateur est face à un niveau de choix jamais égalé dans l’histoire de l’humanité. Tout se compare, tout se trouve en ligne. Face à cette avalanche de choix, il devient essentiel de se démarquer de la concurrence, en proposant une valeur clairement et immédiatement identifiable par l’utilisateur.
Or, le design est essentiel pour se distinguer de la concurrence et notamment le design centré utilisateur. En effet, c’est un excellent moyen de s’assurer que l’innovation n’est pas seulement esthétique, mais qu’elle répond à un besoin réel. Innover pour innover ne sert à rien si on ne résout aucun problème ou que personne ne comprend de quoi on parle !
L’approche par le design (et non par la technique seulement par exemple) permet une approche centrée sur les besoins et attentes des utilisateurs, et aussi sur l’émotionnel, l’expérience, bref tout ce qui fait que vous préférez Spotify à Deezer, ou Deezer à Spotify !
2. Gagner du temps en priorisant
Celui-ci peut paraitre contre-intuitif mais intégrer un designer en début de projet fait gagner du temps. Bien souvent, si on commence à réfléchir à un sujet sans designer dans l’équipe, on peut facilement oublier certains aspects, ou proposer des solutions non ergonomiques, créer plus de frustrations ou d’irritants, passer beaucoup de temps sur des fonctionnalités à faible plus-value, bref autant d’erreurs coûteuses à corriger une fois le développement lancé.
L’UX Designer va dès le début s’emparer du sujet et essayer de minimiser au maximum les risques du projet. L’UX Designer identifie rapidement les risques, propose des solutions adaptées au contexte, ergonomiques, et met en place des ateliers ciblés ou des entretiens par exemple pour récolter des informations fiables (même dans une démarche non exhaustive).
Bien sûr, on peut ne pas pouvoir mettre en place une démarche complète de design centrée utilisateurs. Mais il vaut mieux prévoir un atelier de 2h d’alignement des besoins en début de projet, plutôt que d’apprendre à la sortie du produit qu’il manque certaines fonctionnalités tant attendues.
Ainsi, on repère très rapidement ce qui est important. Cela permet également d’avoir des retours priorisés, en fonction de la gravité du problème et du nombre d’utilisateurs qui le remonte. L’UX Designer aide toute l’équipe à concrètement prioriser et déprioriser ce qui est utile ou non pour les utilisateurs.
L’UX Designer accompagne également l’équipe projet en réalisant des maquettes. Cela permet, avant tout développement, d’avoir un rendu assez proche du résultat final, facile à modifier, et ce sans aucune ligne de code !
3. Réduire les risques liés au projet
Une démarche centrée utilisateur change la perspective : on ne dit plus « le produit doit faire X », mais « l’utilisateur doit pouvoir atteindre l’objectif X facilement ».
Cela permet de :
- Repérer rapidement les fonctionnalités à forte valeur ajoutée
- Abandonner celles qui n’apportent rien
- Prioriser ce qui compte réellement pour les utilisateurs.
Vous allez aussi identifier des irritants, par exemple grâce aux tests utilisateurs, que vous pourrez soit corriger avant développement, soit laisser mais fournir de l’aide sur cette problématique en particulier.
4. Accompagner les équipes dans leurs questionnements
Le design est bien sûr l’affaire de tous. Cependant, tout le monde n’est pas designer. Et c’est bien normal ! Ainsi, le designer accompagne l’équipe, l’aide à changer de perspective, à simplifier des problèmes complexes, à structurer ses idées et à mieux comprendre les enjeux.
Ainsi, avoir une approche centrée utilisateurs, c’est aussi remettre en question la façon dont nous concevons collectivement les solutions. C’est tous ensemble que nous avançons. C’est aussi pour cela que je pense que le designer a toute sa place dans nos sociétés actuelles.

Comme le dit si bien Wikipédia, « un des rôles du design est de répondre à des besoins, de résoudre des problèmes, de proposer des solutions nouvelles ou d’explorer des possibilités pour améliorer la qualité de vie des êtres humains […]. La pluridisciplinarité est au cœur du travail du designer, dont la culture se nourrit aussi bien des arts, des techniques, des sciences humaines ou des sciences de la nature. » Ainsi, nous avons souvent à cœur de trouver des solutions adaptées et d’aider notre audience, que ce soit nos utilisateurs ou l’équipe projet !
De plus, l’aspect pluridisplinaire amène une vision holistique sur de nombreux aspects du projet (accessibilité, développement, écoconception, respect du vivant et de la nature, etc) qui permettent d’anticiper et de proposer des solutions respectueuses et adaptées.
5. Adapter la solution à votre contexte
Le designer est à même de savoir vous proposer des solutions adaptées à votre contexte. Qu’il s’agisse de contraintes telles que des réductions budgétaires, des contraintes techniques, des réductions d’effectifs, de mauvaises passes, un écosystème graphique, etc, nous sommes en capacité de réaliser des solutions sous contraintes, tout en soulignant les avantages et inconvénients de chacune.
Ainsi, l’adaptation au contexte reste l’une des plus-values incontournables de l’humain et de sa plasticité cérébrale, là où par exemple l’IA doit être entraînée sur vos données et votre contexte. L’IA reste un outil d’aide, et il ne remplacera pas demain le design, en tout cas pas aussi facilement. Car pour juger du travail de l’IA, qui de mieux placé qu’un designer !
Si l’IA peut aider à revoir rapidement des concepts ou différentes solutions, le travail abouti nécessite lui toujours un designer à part entière. La plasticité humaine fait ici la différence : là où l’IA doit être entraînée longuement, le designer comprend, interprète, arbitre, explique, collabore. L’IA peut accélérer certaines tâches, mais elle ne remplace ni le regard critique, ni le sens du compromis, ni l’analyse globale du designer.
C’est une véritable collaboration qui se fait jour après jour avec les équipes, et le designer a une place prépondérante dans ces interactions.
6. Avoir une approche holistique
Le design permet d’avoir une approche holistique d’un produit, d’un contexte ou d’une problématique. Le designer est facilement en contact avec un grand nombre de personnes : product manager, product owner, développeur, directeur, utilisateurs, support, marketing, etc… Toutes ces visions différentes permettent au designer d’avoir une vision complète et à 360° du produit et des enjeux.
Ainsi, pour que le designer ait encore une place de choix en 2026 dans les projets, il est à mon sens indispensable de rencontrer l’autre, et de commencer à parler son langage. Quand vous rencontrez un product owner, un product manager, un développeur, un directeur, un utilisateur, etc, chacun a son propre prisme par lequel il voit le produit, avec des enjeux bien particuliers.
Ainsi, ils ne sont pas tous attirés par la même chose :
- Un directeur veut des données (ROI, coûts, valeur créée),
- Un développeur s’intéresse au comportement d’un composant,
- Un product owner regarde les fonctionnalités,
- Un product manager pense écosystème,
- L’utilisateur évalue l’usage réel.
Le mieux est donc d’adapter son langage, la façon dont on présente les choses, à son interlocuteur. Plus vous comprenez leurs prismes, plus vous devenez un allié précieux. Prenez le temps d’aller à leur rencontre. Ils vous le rendront au centuple !
Et vous, quels sont vos défis en 2026 ?
Et voilà, une nouvelle année commence avec son lot de défis à résoudre ! Que ce soit pour un nouveau projet, un nouveau travail ou de nouveaux challenges, le designer d’aujourd’hui est plus que jamais d’actualité dans l’écosystème numérique. Défis climatiques, restrictions budgétaire, explosion des choix, normes à respecter, autant d’éléments où le designer apporte sa pierre à l’édifice.
Dans cet environnement complexe, le designer reste indispensable. Sa transversalité, sa capacité à collaborer, à anticiper, à créer des solutions efficaces et responsables en font un acteur clé du numérique. Et vous, quel sera votre plus grand défi pour 2026 ?
Découvrez comment Ludotic, agence UX/UI, vous accompagne dans vos projets. Nous formons également vos équipes sur les sujets design, accessibilité et technologique.